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Papeete
vendredi, juillet 21, 2017

Historique

Le territoire d’intervention de la politique de la ville en Polynésie française

Avec l’installation du Centre d’Expérimentation du Pacifique dans les années 60, la ville s’est développée à partir du cœur de Papeete, centralisant autour du port les activités commerciales, administratives et politiques de la Polynésie française. Cette ville en expansion s’est rapidement étendue aux communes limitrophes de la capitale.

A l’ouest, la commune de Faa’a a été la première à connaître ces grands changements avec la construction de l’aéroport international de Faa’a. Dans le même temps, la Route de Dégagement Ouest (RDO) permettait de rejoindre la commune de Punaauia où s’installait le principal espace d’activité touristique et hôtelier de Tahiti.

A l’Est, les communes de Pirae et Arue se sont, quant à elles, développées notamment autour des infrastructures et terrains militaires.

De nouveaux lotissements résidentiels ont vu le jour sur les flancs montagneux des communes périphériques de Papeete, profitant de leur proximité avec la capitale et de la disponibilité foncière, afin de répondre aux besoins en logement des classes moyennes à aisées dans un cadre de vie agréable.

Les villes de Mahina et de Paea, en limite du tissu urbain de Tahiti, formaient à l’époque la seconde périphérie de Papeete. Reliées par une route territoriale, ces deux communes sont rapidement concernées par l’étalement urbain d’une population désireuse de s’installer dans une maison de plain-pied avec terrain, représentant l’idéal de l’habitat polynésien.

Ces nouveaux quartiers se sont par ailleurs construits le plus souvent de façon anarchique et sans réelle cohérence urbanistique. Ce phénomène est d’autant plus visible sur les quartiers accueillant les populations les plus en difficulté, qui se sont concentrées sur des espaces restreints, sans structuration des habitats. Installées depuis plus de trois générations, les populations vivant dans ces quartiers informels, dont les enfants sont nés à Tahiti, n’entrevoient que peu leur avenir dans leur île d’origine.

Quatre quartiers en particulier focalisaient l’attention : Hitimahana à Mahina, Timiona à cheval sur les communes de Pirae et de Papeete, Mama’o à Papeete et Hotuarea à Faa’a. Formés sur du foncier public non maîtrisé, ces quartiers présentaient différents risques sanitaires et naturels pour leur population, incitant les pouvoirs publics à agir en qualifiant ces quatre zones en périmètres de Résorption de l’Habitat Insalubre (RHI).

A ces quatre quartiers sensibles s’ajoutaient d’autres situations problématiques :

  • Les lotissements sociaux font souvent l’objet d’incivisme et sont mal entretenus par le bailleur, lui-même mis en difficulté par l’insuffisance ou l’absence de paiement des loyers par les bénéficiaires des logements.
  • Les anciens lotissements sociaux mis en accession pour permettre aux populations qui le souhaitent de devenir propriétaire de leur logement, mais dont le coût de gestion et d’entretien se révèlent trop lourd à supporter, entrainant un fort délabrement des copropriétés.
  • Les quartiers d’habitat enclavés, constitués principalement de logement anciens sur fonciers indivis, sont souvent mal reliés à la ville et mal ou non viabilisés, du fait de l’absence de voiries et réseaux suffisants.
  • Les quartiers d’habitat sur foncier indivis ou sur un foncier appartenant à un unique propriétaire qui a accordé des baux de location de terrain aux aïeuls des occupants actuels. Ces situations anciennes, sont souvent remises en cause aujourd’hui car les ayants droits souhaitent récupérer leur bien pour leurs propres projets. Ces quartiers cristallisent donc des situations juridiques et sociales complexes.

Trois générations de contrat de ville principalement axés sur de l’accompagnement social

Le contrat de ville de 1994, en articulation avec le contrat de développement 1994-1999 pour le volet logement social, pointait de nombreuses situations de précarité et d’insalubrité issues de l’installation spontanée et non maîtrisée de populations venues des archipels dans le cadre de l‘installation du Centre d’Essais du Pacifique dans les années 60.

Le 1er contrat de ville de 1994 à 1999 a principalement œuvré à accompagner les communes dans la mise en place d’actions de prévention, de lutte contre l’insalubrité en les aidant à aménager ou planifier l’aménagement du territoire.

La politique de la ville était alors essentiellement conduite par l’Etat et venait en appui des contrats de développement signés avec la Polynésie française.

Un schéma directeur de l’agglomération visant à cadrer ou encadrer les politiques urbaines à venir, a été réalisé en 1994-1995 dans le cadre du contrat de ville. Il n’a pas été adopté. Dans le même temps, les Plans Généraux d’Aménagement des communes étaient également lancés et soutenus. Aujourd’hui, tous n’ont pas encore abouti.

Jusque-alors principalement portée par l’Etat, une réflexion stratégique majeure interviendra dans le cadre du 2ème contrat de ville (2002-2003), avec la volonté affichée de structurer des politiques communales d’accompagnement social, de prévention et d’actions en faveur de la jeunesse.

Le soutien et le développement de la vie associative, la formation d’une ingénierie locale par le recrutement de professionnels dédiés à la politique de la ville et la désignation d’un élu de proximité, référent au sein de chaque commune, ont été les leviers de ce dynamisme. L’action s’est concentrée sur les problématiques de RHI et a poursuivi une politique de lutte de prévention de la délinquance, en soutenant les associations sportives et de la jeunesse. Une réflexion sur un Plan de Déplacements Urbains (PDU) a par ailleurs été lancée.

La politique de la ville en Polynésie française a été déléguée en 2005 à un syndicat mixte créé pour gérer les crédits spécifiques de l’Etat et du Pays et permettre un pilotage partenarial du dispositif en associant les trois piliers institutionnels du territoire, le Pays, les communes et l’Etat, même si ce dernier n’est pas membre « es qualité » du syndicat mixte. Il regroupe alors les sept communes constituant le front littoral urbanisé de l’île de Tahiti.

Un 3ème contrat de ville est signé en 2005, pour poursuivre l’action du contrat précédent, et opérer la transition avec le nouveau contrat urbain de cohésion sociale (CUCS). Il mettra l’accent sur l’action éducative, notamment la lutte contre l’illettrisme, et le renforcement du tissu associatif local.

Le CUCS de l’agglomération de Papeete est signé en 2007. Il est élargi à deux communes supplémentaires, Papara et Moorea. Bien qu’elles présentent un profil plutôt rural, ces deux collectivités sont intégrées car elles étaient sous équipées en structures de proximité. Toutes deux ne disposent que d’un faible bassin d’emploi et sont sujettes à des mouvements pendulaire (liaison domicile-travail ou établissements sociaux) quotidiens avec la ville centre. Il est apparu opportun de proposer pour ces communes également le bénéfice des actions du CUCS et notamment celles en faveur de la jeunesse afin de prévenir les phénomènes de délinquance et de décrochage scolaire.

Le CUCS s’inscrit dans la continuité des précédents contrats mais insiste fortement sur le développement de la dynamique partenariale, le renforcement de l’intercommunalité et des communes, et l’action de proximité. La mise en œuvre des actions évolue vers une participation accrue des communes. Dans le même temps, ces dernières se voient transférer de nouvelles compétences, liées aux services publics environnementaux, à déployer dès 2012.

Dans un contexte polynésien très instable depuis 2004, d’abord au niveau politique puis économique à partir de 2009, la politique de la ville mise en œuvre au travers du CUCS a constitué un soutien conséquent pour les communes et les associations des quartiers prioritaires. L’équipement des quartiers en structures de proximité a été rendu possible. La réussite éducative et la prévention ont été les piliers de l’action du CUCS pour créer de l’animation et du lien, et réduire les tensions pour davantage de cohésion sociale.

L’emploi et l’activité économique ont également été soutenus, particulièrement à partir de 2009 où les effets de la crise économiques ont été patents.

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